Parce qu’on est toutes la fille, la sœur, la mère ou la future grand-mère de quelqu’un.

Après mon accouchement, ma belle-mère et mon beau-père sont venus une semaine à la maison. Le jour où je sortais de l’hôpital, ils arrivaient chez nous. Avec des beaux-parents infernaux ça aurait pu mal se passer mais ma belle-mère et mon beau-père sont “tops” (expression de vieille bonjouuur). Ils ont été une aide précieuse tout au long de leur séjour. Mon beau-père s’est transformé en Mr. Propre de la vaisselle. Ma belle-mère a participé à la confection de repas et m’a surtout laissé tranquillement découvrir mon fils, sans jamais me dire ce que j’aurais du faire ou ce qu’elle aurait fait autrement.

J’ai parfois l’impression qu’il y a des pôles opposés dans le domaine de la maternité. Il y a les femmes/mamans qui te toisent, donnent leur avis sur tout sans t’écouter en retour et celles qui vont t’encourager en répondant à TES questions.

Du coup, on pourrait peut-être dire que pour cette fête des mères on se fait un cadeau? On s’offre notre soutien mutuel entre femmes, entre mères? On pourrait dire toutes en cœur: “Ensemble dans la grossesse, l’accouchement, le post partum et l’éducation de nos petits descendants jusqu’à ce qu’ils quittent le nid!” ^^

Plus sérieusement, il y a quelques années je ne n’avais pas encore d’enfants et je n’avais aucune intention d’en avoir. Ma mère me répétait régulièrement cette phrase qui avait le pouvoir de m’exaspérer au plus haut point: “Tu verras quand tu auras des enfants” et aujourd’hui je sais, je sens qu’elle avait raison. Il y a des choses qu’on ne comprend que lorsqu’on est mère. Ce changement est profond et définitif, il impacte notre tête, notre corps, notre cœur. Il est fait de périodes qui se suivent mais ne se ressemblent pas et dans toute cette aventure je suis convaincue que nous, jeunes mères, nous avons des choses à entendre de nos ainées et que vous ainées, vous avez une place à prendre pour nous aider dans ce chamboulement. Vous l’avez déjà vécu, votre expérience est précieuse.

Cette année, je vais avoir droit à ma première fête des mère avec un enfant en âge de dire “Maman” mais qui ne le dit pas encore. Il risque d’ailleurs de dire “chien” avant “Maman” avec ses “ch” ch” dès qu’il en voit un. L’ingratitude commence tôt…

Bref, cette “fête des mères” m’a donné envie de parler de l’importance de la transmission, du partage d’expérience entre femmes et entre générations de femmes.

Aujourd’hui je suis fille, sœur et mère et peut-être qu’un jour j’aurais la joie d’être grand-mère! Voilà tout ce que j’aimerais faire en tant que telle.

En tant que fille

J’aimerais être à l’écoute. À l’écoute de ce que mes aînées ont à m’enseigner, que ce soit ma propre mère ou les femmes que je pourrais considérer comme telle. J’aimerais être au bénéfice de leur expérience de vie, des leçons apprises, des erreurs commises et peut-être même de la sagesse acquise. J’aimerais être encouragée et accepter d’être remise en question.

En tant que soeur

J’aimerais être un encouragement, un appui, un soutien, une partenaire de rire et de larmes. J’aimerais échanger et m’émerveiller des dons différents que nous avons et nous en faire bénéficier réciproquement.

En tant que mère

J’aimerai transmettre à mon enfant ce que j’ai appris par ma mère, ma soeur et toutes ces autres femmes qui m’entourent.

J’aimerais.

Oui mais parfois ce n’est pas ce qui se passe. Parfois, les expériences de tes ainées se transforment en injonctions cassantes, en dialogues de sourds et en incompréhensions.

Parfois tu ne trouves pas d’appui, de soutien dans les liens fraternels (bon entre sœurs ont dit normalement “sororal”) mais de l’indifférence et de la solitude.

Parfois, tu te sens dépassée dans ton rôle de mère, dans la tâche qui t’attend et la responsabilité que ce rôle te donne.

Alors rappelons-nous que nous sommes responsables. Responsables de notre manière d’agir et de réagir et pas de celle des autres.

Face à nos ainées, nous pouvons choisir de nous détendre et d’écouter attentivement les conseils qui nous interpellent et faire abstraction du reste.

Face à nos sœurs (de sang, de cœur), nous pouvons choisir de nous ouvrir, de partager nos joies profondes et nos fragilités… il y a de fortes chances qu’elles le fassent en retour.

Face à nos enfants, nous pouvons choisir de lâcher prise, conscientes que nous ne pourrons jamais tout contrôler et apprendre à devenir mère, un jour après l’autre.

Demain nous fêtons les mères.

Alors, voilà deux petits cadeaux qui illustrent parfaitement cette idée de transmission entre femmes:

1. Josépha Raphard, vidéaste de 25 ans a donné la parole à 7 femmes de 28 à 35 dans son webdocumentaire “Mères” en 2019. Je t’invite à aller voir cette série de 6 épisodes qui dépeint des vécus de mère très différents. C’est brut, c’est drôle.
2. Pasta grannies: Parce que j’ai beaucoup parlé de la transmission concernant la maternité mais que ce n’est absolument pas que ça! Et comme je parle sur ce blog de maternité ET de cuisine voilà un site et chaine youtube que j’aime beaucoup. Vicky Bannison est partie à la rencontre de nombreuses nonnas (grands-mères italiennes), pour découvrir toutes sortes de pâtes faites maison, peu connues et risquant de partir aux oubliettes. Par son travail, elle permet à toutes ses formidables nonnas de transmettre leur savoir culinaire, pour notre plus grand plaisir!

Sur ce, bisous… et bonne fête!


 

 

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